Après plusieurs saisons sous les couleurs d’Étalle, Angélique Lambert a choisi de rejoindre Tintifontaine cet été. Un changement de club, mais certainement pas de philosophie : la joueuse veut avant tout continuer à prendre du plaisir sur les terrains. Entre une intégration réussie, les ambitions en Coupe provinciale, son attachement à Étalle et son regard sans détour sur le football féminin, elle s’est confiée à Balle au Centre.
La préparation a débuté particulièrement tôt cette saison à Tintifontaine. Avec une Coupe provinciale lancée dès la fin du mois de juillet, le groupe n’a pas eu beaucoup de temps à perdre.
« On a commencé début juillet et, pour le moment, on est sur deux entraînements par semaine avec des séances de deux heures. Avec la Coupe qui commençait fin juillet, on a forcément dû reprendre beaucoup plus tôt que d’habitude. »
Pour Angélique Lambert, cette préparation marque surtout le début d’une nouvelle aventure. Après plusieurs années passées à Étalle, elle a rejoint une équipe qu’elle connaissait finalement déjà assez bien… pour l’avoir régulièrement affrontée.
« Mon arrivée s’est vraiment très bien passée. Tintifontaine était un concurrent direct d’Étalle et j’avais déjà fait pas mal de troisièmes mi-temps avec les filles. Je les connaissais donc un petit peu et ce sont vraiment des filles très sympas. »
Et lorsqu’on lui demande ce qui a facilité son adaptation, la réponse arrive rapidement, avec le sourire.
« Elles sont dans un bon délire. Elles aiment les troisièmes mi-temps et c’est quelque chose que j’adore aussi ! »
Un changement de style
Sportivement, la joueuse découvre également une autre manière d’aborder le football. Elle estime que Tintifontaine cherche davantage à construire son jeu et à utiliser le ballon.
« Tintifontaine pose beaucoup plus le jeu. Le coach est vraiment pédagogue et essaye de faire en sorte qu’on joue au football, qu’on fasse circuler le ballon. À Étalle, on s’appuyait davantage sur les qualités physiques et athlétiques. C’était beaucoup plus direct. »
Une différence qui semble parfaitement lui convenir.
Mais au-delà des aspects tactiques, c’est surtout l’état d’esprit du groupe qui l’a rapidement séduite.
« Après chaque match, une joueuse apporte une bouteille de tequila et tout le monde prend un shot ensemble. Au niveau de l’ambiance, je n’ai vraiment rien à redire. Ce sont des bonnes vivantes et il y a un énorme esprit de groupe. »
Cet esprit ne se limite d’ailleurs pas aux moments passés après les rencontres.
« Sur le terrain, les filles s’encouragent énormément. Même celles qui sont sur le banc et qui savent qu’elles ne vont peut-être pas rentrer continuent à pousser l’équipe. »
« La Coupe reste un véritable objectif »
Physiquement, Angélique Lambert se sent également prête à attaquer cette nouvelle saison.
« Je suis bien. J’ai la chance de me blesser assez rarement au football. Maintenant, il faudra voir lorsque toute la saison va réellement commencer, mais je pense qu’il y a moyen de faire quelque chose de bien. »
Du côté de Tintifontaine, le titre de champion n’est pourtant pas forcément présenté comme l’objectif absolu.
La raison ? Une éventuelle montée entraînerait des déplacements beaucoup plus importants et une organisation parfois difficile à concilier avec la vie personnelle des joueuses.
« Dès qu’on monte, les déplacements deviennent beaucoup plus longs. Dans l’équipe, il y a plusieurs mamans et je ne pense pas que tout le monde se verrait faire deux ou trois heures de route pour aller jouer un match. La Coupe, par contre, c’est vraiment quelque chose qu’on vise. »
Un constat qui amène inévitablement la discussion vers une réalité propre au football féminin.
Une passion avant l’argent
Pour Angélique Lambert, les priorités ne sont pas toujours les mêmes entre le football masculin et féminin.
« C’est différent parce que nous, les femmes, on porte la vie. Une joueuse qui veut devenir maman doit arrêter le football pendant plus d’un an et parfois davantage avant de pouvoir réellement revenir. Un homme, lorsque sa compagne est enceinte, va peut-être manquer un match, mais il pourra continuer à jouer tous les week-ends. »
Elle pointe également une autre différence fondamentale : l’aspect financier.
« Dans le football masculin, quand un joueur reçoit une opportunité à un niveau supérieur, il peut aussi penser à ce qu’il va toucher à la fin du mois. Chez nous, ce n’est pas ça. Personnellement, je ne demanderais même pas à être payée pour jouer au football. Je joue parce que j’aime ça, pas pour gagner davantage en changeant de club. »
Pour elle, cette dimension explique aussi pourquoi certaines joueuses privilégient parfois la stabilité, l’ambiance ou la proximité plutôt que la recherche permanente du niveau supérieur.
Une P1 avec plusieurs gros morceaux
Sur le plan sportif, Lambert s’attend tout de même à une saison disputée.
Elle estime que quelques formations devraient se détacher du reste et que la lutte pour les premières places pourrait être particulièrement intéressante.
« Je pense qu’il y a quatre gros clubs dans la série. Derrière, il y a des équipes qui seront peut-être un peu plus prenables. »
Tintifontaine compte évidemment essayer de s’installer dans ce premier groupe, même si la Coupe reste le trophée qui attire particulièrement l’attention.
Et dans cette compétition, la joueuse estime que son équipe possède suffisamment de qualités pour aller loin.
« Quand je regarde l’équipe qu’on a actuellement, à part certaines grosses équipes comme Nothomb ou Givry, je n’ai pas spécialement peur des autres. »
Elle reste malgré tout prudente.
« Une Coupe dépend énormément du moment où tu joues. Il peut y avoir des blessées, des indisponibilités ou des joueuses absentes. Dans le football féminin, il y a aussi des grossesses qui peuvent évidemment modifier un effectif en cours de saison. »
Étalle, des souvenirs impossibles à oublier
Même si elle porte désormais un autre maillot, Angélique Lambert ne renie absolument rien de son passage à Étalle.
Lorsqu’on lui demande le souvenir qui restera le plus longtemps, elle n’hésite pas.
« Le titre de championne il y a deux ans. Je n’avais jamais vécu quelque chose comme ça au football. C’était vraiment un moment incroyable. »
La finale de Coupe provinciale perdue face à… Tintifontaine en mai 2025 laisse évidemment un sentiment différent.
« Perdre cette Coupe était frustrant, surtout contre Tintifontaine quand on connaît la suite de l’histoire. »
Mais elle retient surtout l’aventure humaine et le soutien reçu autour de l’équipe.
« Les gens d’Étalle étaient vraiment accueillants et ils nous ont suivies partout. Quand on est parties jouer loin en bus avec les supporters, ce sont des moments qui restent. Faire le déplacement ensemble et vivre tout ça, c’était vraiment marquant. »
« Le football féminin évolue, mais il reste du travail »
Après plusieurs années passées sur les terrains provinciaux, Angélique Lambert constate malgré tout une évolution positive du football féminin.
L’arrivée d’un nombre croissant d’équipes de jeunes constitue selon elle l’un des progrès les plus importants.
« Maintenant, on voit beaucoup plus d’équipes de jeunes filles et notamment des W17. Je trouve ça vraiment positif. Avant, pour certaines filles, il n’y avait pas beaucoup de solutions pour continuer. »
Elle accueille également favorablement les adaptations permettant à certaines jeunes joueuses d’intégrer plus facilement les équipes féminines.
« Je trouve normal qu’on ne force pas une fille de 14 ans à continuer avec les garçons si elle a envie de jouer avec des filles. »
Mais pour la nouvelle joueuse de Tintifontaine, le football féminin provincial pourrait encore être davantage considéré.
« J’ai parfois l’impression que le CP ne suit pas énormément le football féminin et qu’on ne fait pas toujours assez pour les filles. »
Parmi les améliorations qu’elle aimerait voir apparaître, une revient particulièrement : la stabilité.
« Il faudrait déjà essayer d’avoir davantage de stabilité dans le championnat et dans la Coupe. Chaque année, les formules et les dates changent. L’année dernière, la Coupe avait commencé beaucoup plus tard et cette année on jouait déjà fin juillet. Ce serait bien d’avoir quelque chose de plus clair et de plus régulier. »
À Tintifontaine, Angélique Lambert ouvre donc un nouveau chapitre de sa carrière avec une idée finalement assez simple : jouer, profiter et tenter d’aller chercher un trophée avec un groupe dans lequel elle semble déjà avoir trouvé sa place.
Parce qu’au milieu des ambitions, des classements et des changements de club, elle rappelle surtout l’essentiel : pour elle, le football reste avant tout une passion.



