À la tête des U18 de Virton, Fabrizio Lepenne revient sur la première défaite de son équipe face au Lierse, mais surtout sur le travail de reconstruction entamé autour de la formation. Entre retour d’anciens jeunes virtonais, montée en Elite et volonté de retrouver une véritable identité de club formateur, le projet avance rapidement.
Une défaite frustrante face au Lierse
Face au Lierse, Virton a connu sa première défaite de la saison. Un revers difficile à digérer pour Fabrizio Lepenne, convaincu que son équipe avait les moyens de faire mieux.
« C’est frustrant parce qu’on a dominé le match. On a raté 25 minutes et sur ces 25 minutes, ils ont montré leur efficacité. C’est une équipe avec des joueurs qui évoluent ensemble depuis cinq ou six ans. Techniquement, ils se trouvent, c’est propre. Nous, on balbutie encore un petit peu. »
Le formateur retient surtout la différence d’efficacité entre les deux équipes.
« On a eu les occasions qu’on devait avoir, mais on ne les a pas mises au fond. Eux oui. Dans le jeu, on était aussi moins fluides. »
Un manque d’automatismes logique pour un groupe encore en construction.
« J’ai un effectif de grande qualité, mais maintenant il me faut encore un ou deux mois pour faire une vraie équipe avec tout ça. »
Un vivier qui recommence à grandir
Depuis la relance de l’académie, Virton a progressivement élargi son recrutement.
« La première année, on était vraiment restés très localement. Ensuite, avec les IP, on a commencé à élargir. Cette année, on a encore agrandi le vivier, notamment en allant rechercher d’anciens Virtonais partis du côté de Liège, du Luxembourg ou ailleurs. »
Plusieurs joueurs reviennent ainsi après avoir connu d’autres structures de formation.
« J’en ai trois ou quatre qui reviennent de clubs comme Liège, Seraing ou d’autres structures où ils ont évolué en Elite. On voit tout de suite certaines choses : ça joue vite, ça joue juste et il y a une vraie intelligence de jeu. »
Pour Fabrizio Lepenne, le potentiel est désormais bien présent.
« Le vivier s’agrandit et aujourd’hui, il devient vraiment intéressant. »
Retrouver l’ADN formateur de Virton
L’objectif est clair : reconstruire progressivement ce qui a longtemps fait la réputation de Virton.
« Quand on est venu me chercher, la première chose qu’on m’a expliquée, c’est que le projet de la direction était de stabiliser l’équipe première, puis de relancer l’école des jeunes. C’est ce qu’ils ont fait. »
En trois ans, le chemin parcouru est important.
« Il y a trois ans, il n’y avait quasiment plus rien. La première année, on a réussi à avoir des IP avec les clubs associés. L’année passée, presque toutes les équipes étaient en IP et aujourd’hui, elles évoluent toutes en Elite. L’ascension a été fulgurante. »
Mais après cette montée rapide, une nouvelle phase commence.
« Maintenant, il faut se stabiliser et être encore mieux organisé. »
Virton veut à terme retrouver un environnement permettant aux jeunes de rester plus longtemps au club.
« Les grands centres ont l’école, les infrastructures et les structures pour accueillir les joueurs. Chez nous, l’internat dépend encore de l’école et pas directement du club. Il faut progressivement reconstruire tout ça. »
Peut-on revoir un nouveau Meunier ou Castagne ?
Les noms de Thomas Meunier ou Timothy Castagne restent forcément associés à la formation virtonaise. Mais reproduire ce type de parcours devient plus difficile.
« Dès qu’on possède un très bon joueur, des clubs comme Genk, le Standard ou Charleroi viennent rapidement le chercher. Aujourd’hui, leurs infrastructures et leur cadre sont meilleurs que les nôtres. »
Pour autant, Virton peut toujours jouer un rôle essentiel dans leur développement.
« Peut-être qu’on aura de nouveau des joueurs qui sont passés par Virton et qui vont ensuite se développer ailleurs. Mais pour garder un joueur jusqu’à ce niveau-là chez nous actuellement, c’est encore compliqué. »
« Notre priorité, c’est de sortir des joueurs »
Pour les U18, Fabrizio Lepenne ne veut pas placer le classement au centre du projet.
« Notre premier objectif, c’est de faire de la post-formation. On veut rendre nos joueurs meilleurs et les faire jouer le plus possible au plus haut niveau possible. »
Il ne cache évidemment pas l’envie d’obtenir des résultats, mais sans brûler les étapes.
« On n’a pas l’ambition d’être derniers. Mais il faut aussi respecter les équipes qu’on affronte. Si on est déjà dans le milieu du classement et qu’on accroche un top 5, ce serait magnifique. »
La priorité reste ailleurs.
« Très clairement, notre première ambition, c’est de sortir des joueurs. Sortir des joueurs pour Virton serait magnifique, mais on peut aussi en sortir pour les clubs associés et pour les clubs de la région. »
Une vision qui dépasse donc les seuls intérêts de l’équipe première virtonaise.
Les clubs associés comme moteur régional
La collaboration avec les clubs de la région occupe une place importante dans ce projet.
« C’est clairement positif. J’ai trois ou quatre joueurs de mon effectif qui viennent d’Habay-la-neuve et on sait que l’année prochaine, on pourra encore compter sur quelques joueurs qualitatifs venant de chez eux. »
Pour Lepenne, ces associations doivent profiter à l’ensemble du football provincial.
« Ce n’est que du bénéfice pour toute la région. »
« L’attitude est plus importante que le niveau »
Lorsqu’il parle de ses joueurs, Fabrizio Lepenne revient souvent sur un aspect essentiel : le comportement.
« Pour moi, l’attitude est encore plus importante que le niveau. Il n’y a même pas photo. »
Le talent seul ne suffit pas.
« Il y a des joueurs extrêmement talentueux qui ont une attitude qui n’est pas correcte. Que ce soit à Virton ou dans un autre club, ces joueurs-là ne perceront pas. »
Le formateur insiste ainsi autant sur l’éducation, l’intelligence et le comportement que sur les qualités purement footballistiques.
De Saint-Mard à Virton
Avant Virton, Fabrizio Lepenne est notamment passé par Saint-Mard, chez les jeunes mais aussi autour de l’équipe senior B.
« La grande différence, c’est surtout l’organisation et la structure autour de toi. À Saint-Mard, il y a des personnes qui doivent faire énormément de choses. La structure reste plus amateur, mais je ne dis pas ça de manière péjorative. »
À Virton, le projet est davantage structuré.
« Ici, la structure est beaucoup plus définie, encore plus cette année. Il y a un projet commun. À Saint-Mard, c’est forcément plus difficile à mettre en place, mais je m’y suis très bien plu et j’en garde de très bons souvenirs. »
Les diplômes, mais pas uniquement
Fabrizio Lepenne accorde également une réelle importance à la formation des entraîneurs.
« Le diplôme est important. Ceux qui disent que ce n’est pas important, c’est souvent parce qu’ils ne l’ont pas. On apprend énormément de choses et on a accès à beaucoup de formations intéressantes. »
Mais il rappelle aussi que la théorie ne peut pas tout apprendre.
« Il faut ensuite trouver ce que tu aimes, comment tu veux organiser tes entraînements, tes matchs ou ton analyse. Être à côté d’un entraîneur expérimenté qui a déjà vécu beaucoup de choses, c’est aussi hyper intéressant. »
Pour lui, l’idéal se trouve probablement entre les deux.
« Un mix entre les diplômes et l’apprentissage auprès d’entraîneurs expérimentés, ce serait vraiment intéressant. »
Une reconstruction qui ne fait que commencer
En trois saisons, Virton a déjà franchi plusieurs étapes importantes dans la reconstruction de sa formation.
Le club est revenu au niveau Elite, son vivier s’est élargi et plusieurs jeunes reviennent après des passages dans d’autres centres de formation.
Mais pour Fabrizio Lepenne, le plus important reste encore à venir : stabiliser la structure, améliorer l’environnement autour des joueurs et surtout continuer à former.
Plus que les résultats immédiats, Virton veut retrouver ce qui a longtemps fait sa force : faire grandir des jeunes et les préparer au football de demain.



