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Lena Lordong : « La cohésion peut vraiment faire la différence »

À l’aube de la reprise, Lena Lordong se confie sur le nouveau projet de Messancy A, les ambitions du groupe, son rôle de capitaine et l’évolution du football féminin en province de Luxembourg.

25 août 2026
Quentin Ughi
Lena Lordong : « La cohésion peut vraiment faire la différence »

À quelques jours de la reprise du championnat, Messancy A s’apprête à vivre une saison particulière. Créée cet été dans sa catégorie dames, l’équipe a beaucoup recruté et affiche déjà de belles ambitions. Sa capitaine, Lena Lordong, évoque la préparation, l’intégration des nouvelles joueuses, les objectifs du groupe et l’évolution du football féminin dans la région.

La reprise du championnat approche et, du côté de Messancy, l’impatience commence à se faire sentir. Le groupe travaille depuis plusieurs semaines déjà et semble prêt à entrer dans le vif du sujet.

« On s’entraîne depuis le 14 juin. Au début, pendant deux ou trois semaines, on avait entraînement pratiquement tous les jours sauf le week-end. Maintenant, on est à trois entraînements par semaine. Je pense que toutes les filles attendent la reprise avec impatience. »

Un groupe presque entièrement nouveau

L’intersaison a été particulièrement animée à Messancy. Beaucoup de joueuses ont rejoint le projet, avec des profils venus d’horizons différents, notamment du Luxembourg mais également de France.

Pour Lena Lordong, cette diversité a finalement facilité la création d’un véritable groupe.

« Il y a une super ambiance. Je pense que le fait qu’on vienne un peu toutes d’ailleurs nous a obligées à nous intégrer les unes aux autres. Il y a rarement deux ou trois joueuses qui viennent du même club, donc on a directement dû parler ensemble, apprendre à se connaître et rigoler ensemble. »

Plusieurs recrues possèdent également une expérience du championnat luxembourgeois, un environnement que la capitaine connaît bien.

« Au Luxembourg, le football féminin est beaucoup plus développé dans la région. Il y a beaucoup de clubs dans un rayon assez réduit. En province de Luxembourg, les distances sont beaucoup plus importantes et, dans le football féminin, il n’y a pas énormément de catégories. On doit donc rapidement faire beaucoup de kilomètres. »

« Être capitaine, c’est un honneur »

Messancy disposait déjà d’une structure chez les jeunes avec ses W17, mais l’équipe dames actuelle vient seulement d’être constituée. Dans ce nouveau projet, Lena Lordong a reçu la responsabilité de porter le brassard.

Une marque de confiance qu’elle apprécie, même si elle refuse de se placer au-dessus de ses équipières.

« C’est un honneur que le coach me fasse confiance. On a aussi pas mal de jeunes qui viennent des W17 et je peux essayer de les accompagner et de leur apporter un peu d’expérience. »

Sa conception du rôle de capitaine reste pourtant très collective.

« Je ne me considère pas vraiment comme différente des autres joueuses. Pour moi, la capitaine est surtout là sur le terrain pour parler avec l’arbitre parce qu’il en faut une. Mais chacune peut avoir son mot à dire. Pour moi, toutes les filles peuvent être capitaines à leur manière. »

Une philosophie qui colle parfaitement à ce que la joueuse considère comme la principale force de Messancy : la cohésion.

Le top 3 dans un coin de la tête

Pour une équipe nouvellement formée, les ambitions sont déjà élevées. Messancy ne souhaite pas simplement découvrir la compétition.

« L’ambition, c’est de jouer le haut du tableau. Je pense que les recrutements ont aussi été faits pour ça. Maintenant, une saison est longue et tout peut arriver. On est une nouvelle équipe et on ne connaît pas encore très bien nos adversaires. Mais on va tout donner pour essayer d’être dans le top 3. »

La capitaine préfère néanmoins rester prudente lorsqu’il s’agit de désigner les favoris de la série.

Passée notamment brièvement par Nothomb la saison dernière et habituée au football luxembourgeois, elle reconnaît encore découvrir une partie du paysage provincial belge.

« Je connais encore assez peu les équipes que l’on va rencontrer. C’est difficile pour moi de donner un top 3 aujourd’hui. »

La Coupe comme laboratoire

La Coupe ne constitue en revanche pas une priorité absolue.

Messancy veut évidemment poursuivre son parcours le plus longtemps possible, mais l’objectif principal reste le championnat.

« La Coupe, c’est du bonus. Si on peut aller le plus loin possible, tant mieux. Mais même si on est éliminées au prochain tour, ça restera une expérience. Ça peut nous permettre de voir ce que l’on doit encore améliorer pour le championnat. »

Les premières rencontres ont déjà permis de mettre en évidence une qualité essentielle du groupe.

« Je pense que notre grande force, c’est la cohésion. On a pu le voir lors d’un match où on avait beaucoup d’absentes et pas du tout notre équipe type. Malgré ça, toutes les filles se sont données à fond. Personne n’a abandonné et on ne s’est pas rejeté la faute les unes sur les autres. Je pense que cette cohésion va énormément nous aider cette saison. »

Le football féminin provincial continue de grandir

Au-delà de Messancy, Lena Lordong porte également un regard positif sur l’évolution du football féminin dans la province.

Elle-même avait commencé à jouer vers l’âge de 11 ans avant de devoir chercher, quelques années plus tard, une équipe féminine disposant d’un bon niveau.

À l’époque, les possibilités étaient nettement plus limitées.

« Quand j’avais 14 ou 15 ans, il fallait déjà chercher pour trouver un club féminin proche avec un bon niveau. Aujourd’hui, il y a davantage d’équipes dans la région. Je trouve que ça a vraiment bien évolué. »

Elle estime toutefois qu’un écart demeure avec le Grand-Duché de Luxembourg, notamment sur le plan des infrastructures et des moyens disponibles.

« Au Luxembourg, j’ai l’impression que les communes participent davantage. Les clubs peuvent investir dans leur staff, leurs terrains, du matériel ou les vestiaires. En Belgique, les clubs doivent davantage financer eux-mêmes leurs infrastructures. »

Pour continuer à développer le football féminin, elle évoque aussi la question des recettes générées autour des rencontres.

« Chez les garçons, même en P3, l’entrée est parfois payante. Dans le football féminin, c’est souvent gratuit, sauf pour certaines grosses rencontres ou les finales. Faire payer une petite entrée pourrait peut-être permettre aux clubs de générer des revenus et de réinvestir dans leurs équipes féminines. »

Encaisser le moins possible… et gagner ensemble

Défenseuse centrale, Lena Lordong ne fixe pas sa saison personnelle autour d’un nombre de buts ou de statistiques individuelles.

Son premier objectif est naturellement défensif.

« En tant que défenseuse centrale, une saison réussie, ce serait déjà d’encaisser le moins de buts possible. »

Mais la capitaine pense surtout collectif.

« Et pourquoi pas gagner quelques trophées ensemble ? Ce serait une belle manière de montrer tout le travail réalisé et d’être récompensées. »

Alors que Messancy s’apprête à lancer son championnat, le projet semble donc déjà posséder une identité claire : un groupe nouveau, ambitieux, mais surtout soudé.

Et Lena Lordong espère également voir davantage de supporters s’intéresser au football féminin provincial.

« Le football féminin est vraiment en train d’évoluer. Il y a de plus en plus de coachs qui se forment et qui veulent faire progresser les joueuses. Le niveau continue d’augmenter. »

Pour Messancy, cette nouvelle saison doit désormais permettre de transformer les promesses estivales en résultats sur le terrain.

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Auteur

Quentin Ughi

Crédits

Photographe : antoine cornet