Givry n’a pas manqué son entrée en matière. Après une large victoire 12-1 face à Melreux, la formation féminine avait déjà affiché ses ambitions au moment où nous avons échangé avec Aline Merche. Cette interview a été réalisée avant le succès 5-0 décroché depuis face à Cobreville, venu confirmer l’excellent début de championnat des Givryennes.
Pour Balle au Centre, Aline Merche revient sur la préparation, les ambitions du groupe, ses objectifs personnels et l’évolution du football féminin en province de Luxembourg.
La saison pouvait difficilement mieux commencer pour Givry. Après plusieurs résultats encourageants durant la préparation, les joueuses ont confirmé dès leur première sortie en championnat avec une victoire particulièrement nette face à Melreux.
Pour Aline Merche, le groupe abordait cette reprise avec une certaine confiance, tout en gardant les pieds sur terre.
« On a abordé le championnat un petit peu confiantes vu les scores qu’on avait faits précédemment, mais sans se dire qu’on allait obligatoirement être championnes. On s’est surtout dit qu’il fallait marquer les esprits. C’était notre but et, au final, c’est ce qui s’est passé. Donc c’était chouette. »
Une préparation qui avait déjà donné le ton
Givry avait repris le chemin des entraînements aux alentours de la mi-juillet. Une préparation durant laquelle le groupe avait déjà affiché de belles dispositions.
Plusieurs rencontres de coupe avaient notamment permis aux joueuses de prendre confiance avant le début du championnat.
« On a fait trois ou quatre matchs de coupe et on avait déjà obtenu de gros résultats, avec parfois de gros écarts. C’était différent parce qu’on jouait contre des équipes de P2 alors que, cette fois, on affrontait une équipe de P1. Mais on partait quand même avec de la confiance. »
Après une saison précédente parfois irrégulière, cette nouvelle campagne doit aussi permettre à Givry de poursuivre sa progression.
Pour Aline Merche, les difficultés rencontrées l’année dernière étaient finalement assez logiques pour une équipe encore en construction.
« Créer une équipe avec de toutes nouvelles joueuses, ce n’est jamais facile. Il faut d’abord apprendre à se connaître sur le terrain. Il faut également une bonne entente entre les coéquipières et avec le coach. »
Cette saison, la joueuse de Givry insiste justement sur un élément essentiel : la cohésion.
« Il faut une bonne cohésion et une bonne entente sur le terrain. Je crois que c’est le plus important. »
« Toutes les filles ont le niveau »
Les premières semaines semblent en tout cas avoir renforcé les liens au sein du groupe.
Aline Merche décrit une équipe jeune, dynamique et relativement homogène.
« Je sens très bien le groupe. Je trouve qu’on est toutes dynamiques et qu’on est quand même à peu près dans la même tranche d’âge, donc je pense que ça va bien se passer. Au niveau du noyau, on a plus ou moins toutes le même niveau. Pour moi, toutes les filles sont bonnes et je pense qu’on a un très, très bon noyau. »
Une homogénéité qui pourrait devenir l’une des grandes forces de Givry cette saison.
« J’ai l’impression qu’on est bien soudées cette année, avec un bon staff, de bons coachs et une bonne dynamique entre les joueuses. Je pense que c’est ça qui va faire la différence. »
Un 12-1 qui donne des idées
Face à Melreux, Givry n’a pas seulement impressionné par le nombre de buts inscrits.
Ce qui a particulièrement plu à Aline Merche, c’est la manière dont l’équipe est parvenue à construire ses actions.
« Collectivement, j’ai déjà senti qu’on pouvait faire le travail cette année et qu’on pouvait aller loin. Ça jouait très bien derrière et ce n’étaient que des buts construits. »
Avec un avantage déjà conséquent, le staff en a également profité pour procéder à plusieurs changements durant la deuxième période.
« Quand on gagne autant, le coach a décidé de changer un peu les choses en deuxième mi-temps pour tenter certaines choses. Ce n’étaient donc pas vraiment les deux mêmes mi-temps. Mais collectivement, je me suis dit qu’on pouvait aller loin. »
Un discours ambitieux, même si personne à Givry ne veut tirer de conclusions après une seule journée.
Le titre ? « Pourquoi pas »
Lorsqu’on lui demande clairement quel doit être l’objectif de Givry cette saison, Aline Merche ne cache pas que le groupe souhaite regarder vers le haut.
« Évidemment, l’objectif est de faire du mieux qu’on peut, d’aller loin et pourquoi pas prendre le titre. Mais on sait très bien qu’il y a des adversaires coriaces, notamment Nothomb. »
Dans ses favoris de la série, la joueuse cite d’ailleurs plusieurs formations.
« Pour moi, je vois déjà Nothomb en numéro un. Je vois bien Tintifontaine aussi… et puis on va se mettre dedans également. »
La Coupe fait également partie des objectifs.
« La gagner, ce serait le rêve, c’est sûr. On veut au moins essayer de faire aussi bien que l’année dernière. »
Aline Merche estime par ailleurs que le championnat pourrait être légèrement moins relevé cette saison.
« Peut-être un petit peu moins, oui, parce qu’il y a beaucoup d’équipes qui arrivent de P2 par rapport à l’année dernière. »
Cela ne change toutefois rien à la volonté de Givry de jouer pleinement sa chance.
Retrouver de la continuité à titre personnel
Sur le plan individuel, Aline Merche a un objectif très clair : pouvoir enchaîner les rencontres.
« Mon objectif, c’est de jouer le plus de matchs possible sans être blessée, pour une fois. »
Une saison réussie passerait donc avant tout par de la régularité.
« Si je peux être titulaire, faire tous les matchs et avoir beaucoup de victoires, pour moi ce serait une bonne saison. »
Pour y parvenir, Givry espère également pouvoir compter sur le soutien de son public.
« Il faut venir nous voir, mettre de la musique et nous encourager ! »
Un football féminin qui continue de grandir
Au-delà de Givry, Aline Merche porte également un regard positif sur l’évolution du football féminin en province de Luxembourg.
Elle constate notamment que des équipes de jeunes parviennent désormais à poursuivre leur développement jusqu’à intégrer les compétitions adultes.
« On voit des équipes qui avaient des filles dans les catégories de jeunes et qui ont maintenant créé une équipe en P2. C’est déjà une belle évolution. Avant, il y avait des équipes d’âge féminines et certaines ont réussi à évoluer jusqu’en P2. »
Le chemin reste néanmoins encore long avant que le football féminin puisse bénéficier de la même exposition que son pendant masculin.
« Ça va prendre beaucoup de temps, mais il y a moyen. Il faut encore plus de filles motivées par le football et attirées par ce sport. Il n’y en a pas encore assez. »
Et pour celles qui hésiteraient encore à franchir le pas, notamment à cause de certains préjugés, son message est particulièrement simple.
« Le foot n’est pas du tout fait uniquement pour les mecs, comme on peut parfois l’entendre. C’est avant tout un sport d’équipe, avec une cohésion entre copines. Au final, c’est simplement faire du sport ensemble. »
Avec un groupe qu’elle estime plus soudé, une préparation encourageante et un premier succès particulièrement convaincant, Givry avait déjà envoyé un premier message face à Melreux. La victoire 5-0 obtenue depuis face à Cobreville n’a fait que renforcer cette impression : les Givryennes ont clairement l’intention de jouer les premiers rôles cette saison.



