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Nancy Humilière : « C’est plus une famille qu’une équipe »

Avec 13 buts et un quadruplé face à Messancy A, Nancy Humilière évoque sa saison, Musson, le collectif et l’évolution du football féminin.

8 septembre 2026
Quentin Ughi
Nancy Humilière : « C’est plus une famille qu’une équipe »

Meilleure buteuse actuelle de P2 Dames avec 13 réalisations, Nancy Humilière continue d’affoler les compteurs avec Musson. Ce week-end, malgré la défaite 4-8 face au leader Messancy A, l’attaquante a inscrit les quatre buts de son équipe. Une performance remarquable, même si elle préfère avant tout mettre en avant le collectif.

« Par rapport au match aller, on peut être satisfaites »

Musson retrouvait une équipe de Messancy A qui lui avait infligé une très lourde défaite en Coupe quelques semaines auparavant.

Cette fois, le visage affiché a été bien différent.

« Au match aller pour la Coupe, on avait perdu 0-15, je crois. Là, pour une revanche, faire 4-8, je suis satisfaite de notre match. Tout le monde s’est donné. »

Malgré la défaite, Nancy Humilière estime que Musson a réussi à mettre le leader en difficulté.

« Je pense qu’à un moment donné, on a réussi à leur faire un peu peur. Elles ont pu se sentir un peu bousculées. »

Quatre buts, mais « un travail d’équipe »

Auteure des quatre réalisations de Musson, Nancy Humilière refuse pourtant de tirer la couverture à elle.

« Pour moi, c’est un travail d’équipe. Un bon attaquant ne va pas mettre de but s’il n’a pas de ballon devant. C’est la dynamique de toute l’équipe qui a fait que j’ai pu inscrire ces quatre buts. »

Et le fait de les avoir inscrits face au leader ne change pas vraiment son approche.

« Que je joue contre Messancy ou contre un autre club, pour moi c’est la même chose. Je prends mon match de la même manière. Ce n’est pas parce que c’est Messancy qu’elles doivent faire peur. »

13 buts et la tête du classement

Avec 13 buts, Nancy Humilière occupe actuellement la première place du classement des buteuses de P2 Dames.

Un début de saison qui ne la surprend pas totalement.

« Ça fait déjà trois ans que je fais des débuts de saison comme ça. L’année dernière, j’étais arrivée deuxième. »

Elle garde d’ailleurs un petit regret de la saison passée, plusieurs de ses buts ayant disparu des statistiques après l’annulation administrative de certaines rencontres.

Mais le classement individuel reste secondaire.

« Mon but premier, ce n’est pas forcément d’être première buteuse. »

« C’est plus une famille qu’une équipe »

Ce qui semble compter le plus pour Nancy Humilière, c’est surtout l’ambiance au sein de Musson.

« On a une très, très bonne cohésion d’équipe. C’est plus une famille qu’une équipe. »

Plusieurs jeunes joueuses ont rejoint le noyau cette saison, avec l’objectif de les faire progresser progressivement.

« On a beaucoup de jeunes qui sont venues se greffer à notre noyau. Qu’on soit plus âgées ou plus jeunes, tout le monde s’intègre vraiment bien. »

Une atmosphère qui explique aussi son attachement au club.

« C’est pour ça que je reste. Parce que c’est plus une famille qu’une équipe. »

Pour progresser encore, elle estime que Musson doit surtout gagner en constance.

« Comme dans toutes les équipes, je pense qu’il faut arriver à garder une motivation constante. »

Former les jeunes avant tout

À Musson, les ambitions sont avant tout tournées vers la construction du groupe.

« Notre objectif, c’est déjà de former nos jeunes pour pouvoir être en forme l’année prochaine. »

Une saison d’autant plus difficile à lire que plusieurs nouvelles équipes ont rejoint la série.

« Il y a beaucoup de nouvelles équipes qu’on ne connaît pas trop. Donc on y va un peu à l’aveugle. »

Nancy préfère d’ailleurs ne pas se risquer à établir un top 3, notamment parce qu’elle connaît encore imparfaitement certaines formations du football provincial belge.

Du football français à Musson

Française, Nancy Humilière a commencé le football très jeune.

« J’ai commencé à jouer au foot à six ans dans mon petit village en France. Vers onze ans, j’ai été qualifiée pour jouer à Nancy et j’y ai joué jusqu’à mes treize ans. »

Elle arrête ensuite le football avant de reprendre il y a cinq ans.

« J’ai repris il y a cinq ans. »

Son regard sur le niveau belge est positif.

« Je trouve qu’en Belgique, il y a quand même un meilleur niveau qu’en France. Je trouve que c’est plus physique. Après, j’étais jeune quand je jouais en France. »

Le football féminin encore trop souvent au second plan

Nancy Humilière se réjouit de l’évolution du football féminin, même si elle estime qu’il reste encore du chemin à parcourir.

« Quand j’étais petite, il n’y avait pas tout ça dans le football féminin. Le fait que ça se soit développé comme ça, c’est vraiment bien. »

Mais elle ressent encore un réel déséquilibre avec le football masculin.

« Le football masculin est beaucoup priorisé. Il faudrait développer davantage le football féminin de la même manière et s’y intéresser un peu plus. On a parfois l’impression d’être mises de côté. »

Pour elle, la reconnaissance doit surtout passer par une approche plus équitable.

« Il ne faudrait pas regarder le sexe des équipes et travailler de la même manière, que ce soit pour un championnat masculin ou féminin. »

Elle pointe aussi une certaine instabilité des noyaux féminins.

« Ça bouge beaucoup. Il n’y a pas toujours des équipes stables. Une joueuse est quelque part une année, puis ailleurs l’année suivante, et ça peut complètement changer le visage d’une équipe. »

La P1 ? Le plaisir avant tout

Monter un jour en P1 avec Musson pourrait forcément être une belle aventure. Mais Nancy Humilière ne veut pas faire de la performance une obsession.

« Nous, on est vraiment là pour s’amuser, prendre du bon temps et faire notre sport. On ne joue pas notre vie quand on est sur un terrain de football. »

Sa philosophie est simple.

« Quand on gagne, on est contentes. Quand on perd, tant pis. Ce n’est pas grave. »

À titre personnel, elle ne nourrit pas non plus de grandes ambitions de carrière.

« À mon âge, si je voulais vraiment évoluer dans le football, je pense qu’il est un peu tard. Maintenant, c’est vraiment pour m’amuser. »

Un entraîneur très présent

Nancy tient enfin à souligner le rôle de son entraîneur dans la dynamique du groupe.

« Il est toujours derrière nous, il nous pousse tout le temps et il est disponible. Il fait vraiment beaucoup pour nous. »

Une relation basée sur la confiance.

« Il est attentif, disponible et toujours à l’écoute. On peut lui demander n’importe quoi, il est toujours là pour nous. Il y a une vraie complicité, tout en restant respectueux. »

13 buts, un quadruplé face au leader et la première place du classement des buteuses : les chiffres mettent Nancy Humilière en lumière. Mais son discours raconte surtout autre chose : une joueuse attachée au collectif, au plaisir et à cette équipe de Musson qu’elle décrit avant tout comme une famille.

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Auteur

Quentin Ughi

Crédits

Photographe : Antoine Cornet