Après une remarquable quatrième place décrochée la saison dernière pour son retour en Provinciale 2, le FC Bertrix aborde ce nouvel exercice avec ambition, mais aussi avec lucidité. Entre une préparation perturbée, un effectif plus qualitatif mais moins fourni, des ambitions assumées et une P2B qui s'annonce extrêmement relevée, Nicolas Roset s'est confié à Balle au Centre. Fidèle à lui-même, le coach bertrigeois ne cache pas son éternelle envie de progresser.
Une préparation perturbée, mais encourageante
La campagne de préparation n'a pas été un long fleuve tranquille pour Bertrix. Contraint de déclarer forfait lors du premier tour de Coupe de la Province face à Halthier, le club n'avait tout simplement pas suffisamment de joueurs disponibles après le déplacement du match au dimanche.
« On joue toujours le samedi en préparation. Les joueurs organisent leurs vacances en fonction de ça. Le changement de date nous a mis en difficulté et nous avons dû déclarer forfait. Je n'ai pas voulu faire monter des joueurs de P3, car le règlement les empêchait ensuite de jouer la Coupe avec leur équipe. Pour moi, ce règlement est mal fait : ce qui devrait être une récompense devient finalement une punition. »
Malgré ce contretemps, le technicien retient plusieurs éléments positifs des rencontres suivantes.
Le match nul décroché face à Houffalize, relégué de D3 FFA, constitue un vrai motif de satisfaction.
« Ils avaient repris un mois avant nous. On leur a tenu tête, c'est un très bon résultat. »
Face à Gouvy, Bertrix s'est incliné 3-1, mais Roset estime que le score ne reflète pas totalement la rencontre.
« On encaisse sur deux phases arrêtées et on rate deux énormes face-à-face. Dans le contenu, on méritait au moins un point. »
Même s'il reconnaît que son groupe manque encore de rythme, il reste serein avant la reprise du championnat.
« Il y a encore du travail, mais je pense qu'on sera prêts pour le début du championnat. »
Un noyau plus fort... mais moins nombreux
S'il se montre satisfait de la qualité de son effectif, Nicolas Roset pointe également une faiblesse importante : la profondeur du groupe.
« Je pense qu'on a un noyau de meilleure qualité que l'année passée, mais avec moins de quantité. Si tout le monde reste disponible, on peut faire mieux. Mais avec un effectif plus court, les blessures peuvent rapidement compliquer les choses. »
Le coach regrette également le départ de deux jeunes joueurs qu'il avait intégrés la saison dernière.
« J'espérais les conserver, mais ils ont choisi un autre projet. C'est leur choix. »
Dans un football provincial où les moyens financiers deviennent déterminants, attirer des joueurs reste compliqué.
« Recruter sans finances aujourd'hui, ce n'est pas simple. J'ai contacté 55 joueurs pour finalement réaliser cinq transferts. »
Une quatrième place satisfaisante... mais pas suffisante
Pour un promu, terminer quatrième aurait largement satisfait la plupart des entraîneurs. Pas Nicolas Roset.
Même s'il reconnaît la très belle saison réalisée par son groupe, il estime que Bertrix avait les moyens d'aller encore plus haut.
« Si on avait gardé la régularité du premier tour, on aurait pu embêter les deux premiers jusqu'au bout. Je ne dis pas qu'on aurait été champions, mais on aurait pu lutter plus longtemps. »
Le technicien reconnaît volontiers être un perfectionniste.
« Je suis un éternel insatisfait. Même quand les objectifs sont atteints, je veux toujours aller plus loin. Avec le recul, j'aurais peut-être dû davantage féliciter les joueurs. Mais je veux toujours gagner. »
"J'espère faire mieux"
Pas question pour autant de se contenter d'une nouvelle place dans le Top 5.
L'objectif est clair.
« J'espère toujours faire mieux. Si tout le monde est disponible, je pense qu'on peut viser plus haut. »
Mais le coach reste prudent tant la série s'annonce relevée.
« Il y a énormément de candidats au Top 5. On verra aussi en fonction des blessures et des aléas de la saison. »
À plus long terme, Roset ne ferme évidemment pas la porte à une montée en P1.
« Si on veut garder nos meilleurs jeunes, il faudra sans doute remonter un jour. Mais aujourd'hui, on en est encore loin. Les exigences financières sont importantes. Monter pour prendre cinq points chaque week-end, je ne vois pas l'intérêt. »
Il nourrit néanmoins un espoir.
« Plusieurs joueurs originaires de Bertrix, qui évoluent actuellement plus haut, m'ont déjà dit qu'ils seraient intéressés de revenir un jour dans leur club de cœur. Si cela se concrétise, ce sera peut-être un autre Bertrix. »
Des recrues qui correspondent parfaitement au projet
Le coach ne cache pas sa satisfaction concernant son recrutement.
L'avantage, explique-t-il, est d'avoir la confiance totale du club.
« Le club me laisse choisir mes joueurs. Rien ne m'est imposé. Tous les transferts correspondent à une idée de jeu et à un profil précis. »
Il cite notamment les arrivées de Louis Coppine, Théo Vanherheyden, Émilien Severin et du gardien Alexandre Bontez.
« Ce sont clairement des plus-values pour le groupe. Je suis très satisfait. »
Une P2B plus ouverte que jamais
Pour Nicolas Roset, cette saison pourrait être encore plus indécise que la précédente.
« Tout le monde pourra battre tout le monde. C'est ce qui rend cette série passionnante. »
Il voit plusieurs équipes jouer les premiers rôles, notamment Bouillon, Tellin, Grandvoir, mais aussi Saint-Hubert, capables selon lui de se mêler à la lutte.
« Si on termine quatrième ou cinquième, ce ne sera pas un échec. Une saison dépend aussi énormément des blessures. »
Joueur et entraîneur : une double casquette qu'il assume toujours
À 37 ans, Nicolas Roset n'a pas encore rangé les crampons.
Il s'est fixé un objectif : jouer jusqu'à ses 40 ans, à condition d'en avoir toujours le niveau.
« Tant que je mérite ma place, je continue. Le jour où je devrai la prendre au détriment d'un joueur meilleur que moi, j'irai naturellement sur le banc. »
Cette double fonction lui a toutefois permis de changer son regard sur le football.
« Avant, je pensais surtout à jouer et marquer. Aujourd'hui, je pense avant tout à l'équipe. Si je dois me sacrifier pour le groupe, je le ferai. »
Et avec le sourire, il conclut :
« J'espère encore embêter quelques défenses adverses pendant quelques années. »
Conclusion
Après avoir surpris toute la série l'an dernier, le FC Bertrix ne bénéficiera plus de l'effet de surprise. Nicolas Roset en est conscient, mais son discours reflète parfaitement l'ADN qu'il souhaite insuffler à son équipe : de l'ambition, de l'exigence et une progression constante. Avec un effectif renforcé qualitativement et un entraîneur qui refuse de se satisfaire de ses acquis, les Bertrigeois auront assurément leur mot à dire dans une P2B qui s'annonce plus ouverte que jamais.



